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Le Buffet de la Gare de Paris-Lyon
La gare de Lyon fait partie de l'immense effort d'urbanisme qui a accompagné l’Exposition de 1900 et qui a laissé le Grand Palais, le Petit Palais, le pont Alexandre III, etc. Elle est, à son extérieur, une évocation assez discrète de la Belle Epoque, mais c'est à son intérieur, dans les salles du restaurant du Buffet, que subsiste le témoignage le plus intact, le plus saisissant du style 1900.
Salles immenses, surchargées de sculptures, de dorures et de vastes peintures, le Buffet de la gare de Lyon a été inauguré le 7 avril 1901, par le Président de la République, Emile LOUBET. Il se présente avec une grande harmonie, malgré l'abondance du décor. Son mérite est d'être intact et de conserver l'aspect très vivant de son Epoque. Chaque détail, siège, porte-manteaux, etc, sont du meilleur style de l'époque.
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Ce sont les peintures qui attirent, dès l'arrivée, toute l'attention.
Elles sont de couleurs vives. Elles ont été nettoyées en 1992 et très soigneusement, en profitant de ce que la gare n'apportait plus de fumées de locomotives et qu'il valait ainsi la peine de les mettre en état.
Il y a 41 peintures retraçant bien entendu les sites du réseau et aussi les événements de 1900.
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On peut les parcourir comme une sorte de musée. Nous en décrivons quelques parties.
Le tableau de BILLOTTE qui est au-dessus de l'escalier descendant sur les voies représente le pont Alexandre III et les Palais de l’Exposition de 1900 qui rappellent St-Marc de Venise. René BILLOTTE, qui naquit à TARBES, en 1846, et fut l'élève d’Eugène FROMENTIN a su allier ici au réalisme une part d'imagination très évocatrice.
Les trois plafonds de la grande salle sont dus à trois peintres différents : "PARIS " œuvre de François FLAMENG (1856-1923) (élève de JP LAURENS) qui décora aussi la Sorbonne, l'Opéra-Comique, puis "LYON" de DEBUFE et le "MARSEILLE" de SAINT-PIERRE. On sera surpris de la ressemblance qu'acquéraient les peintres à cette époque - ce qui leur permettait de concourir sans dissonance à un vaste ensemble décoratif.
On remarque particulièrement, dans la grande salle et au fond le tableau principal, qui représente le Théâtre d'ORANGE d’Albert MAIGNAN (1845-1908) né à BEAUMONT-SUR-SARTHE qui fut un peintre d’histoire et a peint "La Mort de Carpeaux" de l'ancien Musée du Luxembourg.
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Sa palette est lumineuse. Elle nous reporte ici aisément devant le mur d'ORANGE et ses personnages ont conservé leur vie, leur mouvement. C'est ici que l'on voit de très bons portraits DERVILLE, Président du P.L.M. et NOBLEMAIRE, Directeur Général, Sarah BERNHARDT, REJANE et Madame BARTET illustres comédiennes, ainsi que d’Edmond ROSTAND.
Le "VILLEFRANCHE et le "MONACO" sont de Frédéric MONTENARD (1849-1926) descendant d'une vieille famille provençale, qui fut l'élève de PUVIS de CHAVANNES et joua un grand rôle dans le monde des Arts puisqu'il fonda la Société Nationale des Beaux-Arts. Il avait le talent d'évoquer la Provence. Il a peint les Arènes d’ARLES qui sont au Petit Palais (1904).
On trouve dans la salle dorée un plafond d'un peintre qui fut très connu, c’est "NICE, la Bataille des Fleurs" de Henri GERVEX (1852-1929) qui fut l'ami de RENOIR, mais qui revint assez vite au très classique. Il fit aussi un plafond à l’Hôtel de Ville.
Le nom du peintre OLIVE figure au bas des tableaux de la salle dorée, "ST-HONORAT" et "MARSEILLE, le Vieux Port" OLIVE né à MARSEILLE en 1849 a eu une réputation mondiale comme peintre de marines.
Enfin il ne faut pas oublier que le P.L.M. est le réseau des Alpes.
Une peinture d’Eugène BURNAND (1850-1921) évoque le Mont-Blanc en ce genre difficile qu'est la peinture de montagne - BURNAND peignit le fameux "Panorama des Alpes Bernoises" qui fit un tour du monde à ANVERS, CHICAGO, GENEVE et PARIS.
L'ensemble de ces toiles continue à apporter comme le désiraient les créateurs de ce décor, une évocation exacte et lumineuse des paysages multiples du réseau. Elles replongent le visiteur dans une atmosphère optimiste et heureuse, que certains trouveront peut-être un peu trop exubérante, mais au charme de laquelle tous les passants, touristes ou parisiens, se laissent prendre, avant de retourner dans les rues.
Ce n’est pas par hasard si Coco Chanel, Brigitte Bardot, Jean Cocteau, Colette, Dali, Jean Gabin, Marcel Pagnol et beaucoup d’autres furent des habitués de l’endroit. Celui-ci inspira également Luc Besson qui y tourna une scène de “Nikita” et Nicole Garcia dans “Place Vendôme” ou encore Pierre Jolivet dans “Filles uniques”. |
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